Pour comprendre la musique de Lysten, il faut fermer les yeux et imaginer : la Norvège, son froid glacial et ses paysages de reliefs montagneux. Une cabane, perdue au milieu de nulle part, transformée en studio et en refuge. Et là-haut, « loin du bruit du monde, il n’y avait plus rien pour masquer les questions ». Objectif de ce voyage ? Réfléchir à la fin d’une ère, mais surtout collecter du son : le bruit d’un pas dans la neige, le bois qui craque, le vent qui rugit, les ferries au loin, le feu qui crépite. Une matière sonore inestimable à tordre, distordre, étirer, réverbérer, comme pour éviter le vertige. Après les premières parties d’artistes comme Grandbrothers, Thylacine ou French 79, le producteur et musicien d’electronica Lysten signe, avec son premier album à venir, son projet le plus personnel. On y passe d’une contemplation ambient à des ambiances dignes d’une BO, d’un trip-hop salvateur à une techno vivante et puissante. Un véritable carnet de field recordings aux textures organiques, intenses et intimes, qui enveloppe l’auditeur d’une caresse aussi poétique que mélancolique.